La suppression du Droit d'Image Collectif (DIC) : une mesure populiste et irresponsable
Friday 13 November 2009 à 12h00
La F3C CFDT dénonce la brutalité de cette décision politique et comprend la colère du sport professionnel. Comment peut-il en être autrement quand les arguments avancés par le gouvernement répondent à des logiques populistes ?
La F3C CFDT attend de sa part une politique cohérente et responsable par le reversement des exonérations de charges au budget du secrétariat des Sports qui supporte le coût du DIC depuis sa création, en 2005. A cette époque, le gouvernement (UMP) expliquait la baisse des subventions à destination du sport associatif pour financer le DIC. Pour la F3C CFDT, il n’est pas acceptable que le sport associatif finance le sport professionnel. Nous demandons donc, si le gouvernement maintient sa décision, de reverser au budget dédié au Sport le coût du DIC pour le redistribuer au sport associatif.La F3C CFDT s’interroge également sur les effets indirects de la suppression de cette mesure et demande aux élus d’être responsables. Premièrement, il est difficilement imaginable de changer radicalement « les règles du jeu », en cours de saison sportive, d’une disposition à durée limitée (fin en 2012) et déjà réévaluée par la loi en novembre 2008. Deuxièmement, un bilan sérieux et non populiste devait être mis en place à la fin de ce dispositif pour vérifier si les objectifs avaient été atteints. Troisièmement, nous constatons que cette exonération s’est transformée, dans la pratique, en subvention du sport professionnel tout en permettant, indirectement, un développement économique du secteur. La responsabilité du gouvernement est également de mesurer tous les effets de cette décision.
La F3C CFDT craint fortement que la variable d’ajustement s’effectue sur l’emploi (administratif et personnel encadrant entre autres) pour combler l’amputation faite au budget provisionné des clubs puis pour faire face aux conséquences économiques indirectes de cette suppression. Dans ce contexte, nous revendiquons, à minima, le maintien du DIC pour les contrats en cours.
De plus, la problématique de l’existence ou non du DIC et de son financement ne doit pas faire oublier aux élus, qui au passage depuis 1998 savent tirer profit de l’image du sportif qui gagne, le débat sur le fonctionnement et les moyens du sport professionnel en France et son articulation avec le sport associatif. Pour rappel, le discours présidentiel est que les clubs français soient compétitifs sur la scène européenne et que la France rapporte des médailles dans les compétitions internationales.
A la F3C CFDT, nous pensons qu’opposer, par des mesures injustes, le sport associatif et le sport professionnel n’est pas une solution acceptable.