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UGC : la dé« fête » du Cinéma !

Thursday 01 July 2010 à 15h05

Les salariés des cabines en grève

En pleine fête du cinéma, la direction d’UGC a décidé de passer en force le PSE qui vise à la suppression de 95 postes d’opérateurs projectionnistes. A l’appel du SNAPAC CFDT, 1ère organisation à UGC, les salariés ont manifesté leur colère par un mouvement de grève, hier 30 juin, jour de la sortie du blockbuster Millénium. Un mouvement qui a dépassé les espérances du syndicat : 30% des sites en grève hier soir sur toute la France, notamment à l’UGC Ciné Cité Les Halles, à Lille, à Caen...

Le contexte
UGC est l’un des deux plus grands réseaux d’exploitation cinématographique en France avec Europalaces (Gaumont et Pathé). La direction d’UGC a longtemps été dubitative sur le développement rapide de la projection numérique. Le succès d’Avatar, fin 2009, lui a enfin ouvert les yeux : il faut dire qu’aucune salle du réseau n’a été en mesure de proposer le film dans sa version 3D ! Un manque d’anticipation que l’on retrouve bien sûr dans la gestion prévisionnelle des emplois. Alors qu’Europalaces met en œuvre depuis 1 an l’accord de GPEC signé avec la CFDT, UGC a mis à l’ordre du jour du CE un projet de PSE visant à la suppression de 95 postes d’opérateurs projectionnistes. Ce qui fait dire aux salariés que ce sont eux qui financent aujourd’hui la numérisation des salles du réseau. Car, par ailleurs, UGC ne se porte pas si mal que ça.

Les revendications de la CFDT
La section SNAPAC d’UGC est consciente des conséquences de l’évolution technique sur les effectifs en cabine. Elle est persuadée cependant de la possibilité d’un redéploiement dans les halls d’une partie des personnels impactés. Elle demande pour cela la création de deux fonctions nouvelles : « Technicien agent d’accueil » et « Technicien agent de comptoir ». Elle demande aussi le maintien d’au moins un temps plein de technicien sur chaque site du réseau. Enfin, elle exige que les emplois proposés pour les reclassements soient majoritairement des postes à temps plein. Pour les salariés qui ne pourront pas être reclassés en interne, la CFDT a formulé une série de demandes précises visant à améliorer l’accompagnement vers un retour rapide à l’emploi.
La direction d’UGC refuse de poursuivre la négociation et lors de la réunion du CE d’hier, elle s’est appuyée sur des représentants sans étiquette pour obtenir un avis du CE. Avis négatif, certes, mais qui lui permet, pense-t-elle, de mettre un point final à la négociation. Un passage en force qui a déclenché la colère des salariés.
Encouragés par l’ampleur du mouvement et par les marques de soutien du public, les salariés resteront vigilants dans les jours à venir. Une autre journée de grève n’est pas exclue si la direction ne renoue pas le contact avec les représentants du personnel.
Nous allons interpeller le ministre de la Culture, qu’elle avait déjà alerté il y plusieurs mois, sur les conséquences sociales des mutations techniques dans la filière Cinéma.
La F3C appelle tous ses militants à soutenir l’action de nos camarades sur le terrain.