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CFDT F3C :

Quand le mal être au travail vous ôte jusqu’au goût de vivre !

Par Administrateur - 20 mars 2012

Des postier-e-s mettent ou tentent de mettre un terme à leur vie sur le lieu de leur mal être. Comment peut-on en arriver à une telle extrémité ? Pourquoi un tel sacrifice ? Cela semble tellement inconcevable lorsque l’on n’a pas été confronté à la souffrance psychique. Ce mal de vivre, souvent engendré par le sentiment de ne plus appartenir à une communauté de travail, vous place dans l’incapacité de relativiser, dans l’incapacité de dire, de penser : « Merde ! j’m’en fous ! »

Le suicide n’est pas un choix mais une absence de choix.

Lorsqu’on interroge les collègues qui ont tenté de se suicider, ils ou elles vous disent qu’ils n’avaient pas d'autres solutions, pas d’autres alternatives pour arrêter de souffrir…

Le travail peut se révéler à l’origine d’une insupportable souffrance

Les collègues qui ont commis ou voulu commettre l’irréparable vivaient ou vivent avec un profond sentiment d’exclusion !

Le sentiment que le "Collectif" fait ou va faire sans eux.

Qu’ils sont dépossédés de leur place dans l’Organisation.

Qu’ils se sont fait confisquer leur avenir professionnel.

Qu’ils n’ont pas su ou ne sauront pas faire face, aux nouvelles exigences, aux nouvelles pressions.

Que l’entreprise, et sa culture prédominante du résultat et de la compétition, les humilie, ne les reconnait plus, ne les considère plus.

La CFDT n’est pas dans le déni…elle !

Elle ne nie pas que La Poste soit confrontée à une véritable mutation technologique, économique et sociétale.

- Oui les besoins, les modes de consommation changent !

- Oui le courrier papier est et sera moins utilisé !

- Oui les clients souhaitent une banque plus numérique que physique ! …

- Oui globalement le volume d’emplois à La Poste baissera !

Et ALORS !!!

La Poste restera, et pour de nombreuses décennies encore, le plus gros employeur de France.

Un employeur qui continue et continuera d’embaucher.

Un employeur qui ne peut pas s’exonérer de sa lourde responsabilité sociale, sous prétexte d’adaptation, sous prétexte d’évolution.

La conduite du changement en question !

La CFDT pointe clairement la conduite du changement comme la source de beaucoup de souffrances.

«…Pas question de prendre son temps ! Si les postier-e-s n’adhérent pas au changement, c’est qu’ils ou elles n’ont pas tout compris ! »

Et "On" passe en force sous couvert d’une prétendue méthode et de sa prétendue caisse à outils.

Mais comme disait Confucius : «lorsqu’on n’utilise qu’un marteau alors tout finit par ressembler à un clou » 

Et les postier-e-s prennent des coups qui les laissent, pour certain-e-s, groggys au bord de la route, sans repère et ne sachant plus comment et pourquoi continuer d’avancer.

Ceux là et celles là de nos collègues sont alors en risques !

La Poste doit éradiquer toutes les sources de risques, dits : psychosociaux !

En ré-humanisant sa méthode en faisant des parties prenantes (c'est-à-dire des postiers et de leurs représentants) de véritables acteurs du changement. En instaurant un dialogue sincère, respectueux dans le but de construire un avenir pour tous.

La Poste doit pour cela se choisir un autre type de gouvernance !

Non pas en faisant des postier-e-s des actionnaires anecdotiques mais en instaurant une gouvernance qui valorise et favorise le développement de sa première et véritable richesse (ses femmes et ses hommes).

La crise que traverse La Poste n’est pas une fatalité, loin s’en faut !

Si les différents Patrons de Métiers ou Directeurs de NOD avaient bien voulu accorder un tant soit peu de crédit aux alertes que la CFDT a lancé depuis des mois, la situation ne serait certainement pas aussi dramatique qu’elle peut l’être aujourd’hui !

La CFDT demande l’installation de points de vigilance sur les risques psychosociaux

Pour se faire la CFDT demande la suspension des réorganisations en cours, jusqu’à ce que les risques potentiels soient identifiés et les mesures préventives établies

La CFDT exige du Président de La Poste qu’il prenne des mesures fortes à la hauteur de cette crise sociale

- Que les 100 millions d’euros prévus pour l’actionnariat soient consacrés à la lutte contre les risques psychosociaux

-Qu’il remette la politique des ressources humaines au centre de sa stratégie

- Qu’il investisse dans une GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) digne de ce nom

- Qu’il mette tout en œuvre pour que la pénibilité fasse l’objet d’un véritable accord

- Qu’il décrète la Santé des postier-e-s Grande Cause 2012/2013

- Qu’il valorise la fonction du Comité d’Hygiène et de Sécurité pour le rendre actif dans le circuit de la prévention.

- Qu’il formalise un protocole d’alerte sociale avec un canal d’accès dédié aux organisations syndicales

-Qu’il revalorise le dialogue social national et l’instaure en local.

La CFDT, La réponse syndicale d’aujourd’hui !