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CFDT F3C :

Festival d'Avignon 2011

Par Administrateur - 21 septembre 2011

Du 8 au 22 juillet, la grande messe historique du théâtre IN et OFF s’est tenue.

Comme chaque année, la foultitude de professionnels et de publics tentent de se rencontrer, et comme chaque année depuis des décennies sur fond de polémiques récurrentes s’agissant des politiques publiques culturelles et de programmations, les artistes du IN, justement rémunérés, ignorent les artistes du OFF qui ont brisé leurs tirelires pour tenter d’exister…

Dès le 8 juillet, Frédéric Mitterrand présentait un plan d’action de 4 millions d’euros par an sur trois ans visant à poursuivre les travaux de consolidation du secteur à la suite des « Entretiens de Valois » sur fond de crise économique, cette annonce n’étant reçue que comme des « pelures de cacahouète » par les partenaires sociaux.

À dix mois des présidentielles, le caractère des divers forums professionnels et ouverts au public était perçu sous l’angle des programmes politiques supposés et des annonces médiatiques. De ce point de vue, la réponse à la crise sur l’économie du spectacle vivant fut comme à l’habitude, entre promesses, atermoiement et surenchère. Les personnalités politiques et autres détenteurs de la pensée publique doivent bien pouvoir exister par le « dire » ; quant au « faire » et « comment le faire», nous attendrons après les diverses investitures, la pertinence de chaque propositions à la hauteur des enjeux (cf. l’appel du 14 juillet : http://www.f3c-cfdt.fr/, Actualités – Art et Culture) .

L’avenir est quelque chose qui se surmonte ; on ne le subit pas, on le fait.

En programmation du IN, nous n’avons donc pas échappé aux critiques d’un festival « sur branché », élitiste, lieu d’une secte où les grands textes sont rejetés par les gardiens du temple. Éternel débat entre découverte de formes et/ou exposition de grands classiques et noms médiatiques : se sentirait on quelque peu exclu si la notion de plaisir était clairement exprimée ? Entre émotion ou école de pensée, éternel débat. Par ailleurs mille deux cent spectacles ignorés dans le OFF : à quand repenser l’enjeu d’Avignon comme capitale de l’exposition théâtrale sans jouer les barbons ?

Il y a 40 ans disparaissait Jean Vilar : le théâtre permettant de dire MERDE à ceux qui se prennent au sérieux, il est urgent pour ces nouvelles académies d’envisager un projet politique derrière leurs théâtres officiels ; la stérilité gagne les milieux culturels au seul effroi de leur baisse de subventions en face d’un désintérêt flagrant des citoyens.

L’Art et la Culture, un débat confisqué par les « professionnels de profession », nous n’en voulons pas.

C’est une question de société, d’équilibre et de régulation dans l’espace marchand où cet engagement, y compris dans le champ socioculturel, doit pouvoir être exprimé par la société civile.

Cette appropriation qualitative et en discernement par le Public est aujourd’hui en parfaite déshérence.

Jamais autant, le consumérisme sur toutes les strates de la société n’a fait conduire nos personnalités politiques à déserter d’une manière vitale, au fond, cette question : osons dire qu’il s’agit de courage politique et donc d’un nouveau lien au consommateur (osons ce néologisme), une appropriation éducative radicale au cœur de nos enjeux sociétaux et non de faire plaisir à quelques génies créateurs.

Mais voilà, entre présidentielle, législative et autres municipale et réforme territoriale  à l'horizon, la  représentation est écrite : Avignon l’Ouverture de la pièce, les différents Actes suivront à l’image d’un cache cache vaudevillesque, parlant de la jeunesse comme d’une "priorité présidentielle" face à de jeunes comédiens ravis et innocents,  parlant des créateurs comme du poumon d’une France de progrès,  parlant des artistes comme étant au cœur des cités entre deux brunchs de l’été, les tribunes de la rentrée seront définitivement sur l’Euro …

C’est bien un projet de société qui doit sous-tendre les réformes dont l’Art et la Culture en sont le ferment du vivre ensemble. Encore faut-il, sur cette réalité de crise économique, qu’à la fois nos prochains gouvernants nous réconcilient avec l’idée même de réforme et qu’en matière de politique culturelle les collectivités en aient une, de politique… La question de l’après 2012 sera celle de l'héritage  de ce quinquennat. Craignons que ce libéralisme incontrôlé ne laisse la place à ses deux enfants naturels, le populisme et le communautarisme y compris en matière culturelle.