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CFDT F3C :

FT : signature du premier accord sur l'organisation du travail

Par Administrateur - 27 septembre 2010

IL N’Y A PAS DE FATALITE AU BIEN ETRE AU TRAVAIL

IL N’Y A PAS DE FATALITE AU BIEN ETRE AU TRAVAIL

Télécharger Communique de presse n°28 France Telecom signature 1er accord Organisation du Travail.pdf (452Kb)
 

CFDT, CGC et CFTC ont aujourd’hui signé le premier accord pour de nouveaux principes généraux d’organisation du travail à France Télécom.

Il n’y a pas de fatalité au bien être dans le travail

Il faut sortir de l’idée que le travail est difficile et que l’objectif de bien être au travail est utopique.

Même si ces dernières années, ce sujet est moins pris en charge par les syndicats en raison du chômage massif et de l’accroissement des inégalités, cela n’en reste pas moins une priorité de la Cfdt, depuis les années 70, avec une action d’abord axée sur les dégâts sociaux et humains du progrès, puis progressivement sur le contenu du travail. Car, le travail est central et demeure un moyen d’émancipation et d’autonomie, ne serait-ce que pour l’accès au logement, aux loisirs…

C’est donc bien la question du sens, du contenu, sa qualité que nous portons aujourd’hui à la Cfdt, dans tous les secteurs comme à France Télécom

C’est pourquoi par ce premier accord à FT, la Cfdt veut redonner une dimension humaine au travail et à l’entreprise. Jamais auparavant, l’organisation du travail n’avait été l’objet de négociations ou de discussions avec les organisations syndicales.

Ce n’est pas un sujet utopique, mais un enjeu pour l’avenir

Les cinq dernières années ont été marquées, à France Télécom, par une mise en tension du travail avec de fortes contraintes de temps, des objectifs nombreux et élevés, une organisation du travail centralisée et inadaptée, un manque de reconnaissance ou encore des carences dans le dialogue entre les managers et les salariés, un contrôle permanent et une infantilisation des personnes. La souffrance au travail s’est aggravée avec de nombreux, trop nombreux drames humains. Les collectifs de travail ont volé en éclat et les pressions ont généré un mal être au travail. Cette période fut aussi ponctuée de suppressions massives d’emplois (-22 000 en 3 ans).

Au moment où une nouvelle direction nationale a pris les rênes du pouvoir à France Télécom et annonce de nouvelles intentions d’organisation, la Cfdt veut se saisir de ce nouveau tournant en termes de gouvernance et de rapports sociaux.

Au-delà de la signature de l’accord, c’est la base d’une confiance retrouvée que ce texte trouvera sa traduction au plus près des salariés. L’entreprise et les organisations syndicales portent maintenant la responsabilité du changement.

Toutes les entreprises sont concernées par le mal être au travail

France Télécom n’est pas un cas isolé dans le paysage économique, avec aujourd’hui bon nombre d’entreprises confrontées à la question des risques psycho sociaux. C’est un véritable problème de société.

Le 13 septembre dernier, dans la Tribune du journal « Libération », François CHEREQUE, Secrétaire Général de la Cfdt, relevait la dérive des années passées, qui se traduit par plus de pénibilité et de stress au travail. Il en appelait également à débattre, avec les salariés de l’organisation et des finalités du travail ; considérant que « concilier performance économique et performance sociale est un enjeu majeur pour l’avenir des entreprises ».

Nous voulons redonner du sens au travail avec de nouvelles formes d’organisation du travail

En ce sens, la signature d’un accord, pour de nouvelles formes d’organisation du travail à France Télécom, engage l’entreprise et les organisations syndicales. Car, ces principes d’organisation vont maintenant se confronter à la réalité de l’action de l’entreprise au plus près des salariés.

Il ne s’agit pas seulement de corriger une tendance néfaste à la bonne santé des salariés, mais définir des principes pour de nouvelles formes d’organisation du travail. L’accord reconnaît et mobilise ainsi les collaborations et les coopérations entre tous les acteurs de l’entreprise.

  • Le fonctionnement collectif de l’organisation du travail est  pris en compte, tout en valorisant les solutions de télétravail ou de téléactivités pour les salariés isolés ou les équipes éclatées. Ce dernier aspect doit trouver aussi sa conclusion dans l’ouverture prochaine de négociations pour un avenant à l’actuel accord sur le télétravail.
    • L’entreprise s’engage aussi à rechercher des modes d’organisation favorisant l’autonomie et une plus grande latitude des salariés dans leur travail.
    • Le partage des expériences et l’aide de la part des collègues sont favorisés.
    • Les objectifs occupent une place importante dans l’accord, avec l’affirmation qu’un bon niveau d’emploi est une mesure majeure pour atteindre les objectifs ». Ce texte pose des principes mais s’il reste encore de grands débats devant nous sur ces sujets.
    • Le salaire fixe est la partie centrale de la rémunération. Cela va dans le sens de la CFDT qui milite pour des mesures générales pour tous les salariés alors que certains sont toujours soumis à l’individualisation de leur rémunération.
    • Les encadrants occupent une fonction essentielle dans la régulation de la charge de travail au quotidien. Leur rôle d’interface entre les objectifs prescrits et les conditions réelles de réalisation du travail est reconnu. Ils sont aussi au cœur de l’information de leur équipe et des apprentissages collectifs. A la demande de la Cfdt, ils retrouvent, dans ce texte, un droit à l’expression et leur pouvoir d’intervention.

    La CFDT s’est donc complètement mobilisée pour redonner du sens au travail et du bien être aux salariés. Les négociations ont été longues et difficiles. Il aura, en effet, fallu plus de 10 mois pour débattre et construire de nouvelles bases à l’organisation du travail. Cet accord se veut aussi ouvert et les négociations doivent encore se poursuivre autour d’autres thématiques de l’organisation du travail comme le management en mode projet.